Roland Muzeau, leader assumé de la gauche à Gennevilliers
ECRIT PAR PAULINE HAMME, EMILE RABATE ET CLAIRE WILLIOT
PORTRAIT – À Gennevilliers, Roland Muzeau défend son bastion communiste face au candidat socialiste. Le député sortant de la première circonscription des Hauts-de Seine dénonce l’inefficacité d’ »une bataille à gauche » et préfère s’attaquer à la droite du 92.
Roland Muzeau est confiant. Pour être réélu, il compte sur « l’excellent score du Front de Gauche à la présidentielle » (1) dans sa circonscription traditionnellement communiste (Gennevilliers, Colombes-Nord et Villeneuve-la-Garenne). Pour le député, le socialiste Alexis Bachelay n’est pas une menace. L’adjoint au maire de Gennevilliers choisit plutôt de s’en prendre à la candidate UMP Nora Djellab, qu’il décrit comme « la digne représentante de la politique de Sarkozy ».
« Je ne mésestime pas la puissance de la droite dans ce département. »
UN DÉPUTÉ ACTIF
Membre de la commission des Affaires sociales dans l’hémicycle, Roland Muzeau figure parmi les 20 députés les plus actifs de l’Assemblée. “Pas un exploit mais une fierté” pour ce parlementaire qui a travaillé sur la question de l’emploi et des retraites. Ce qui l’a plus marqué, c’est son combat “auprès du personnel et des associations de patients lors des restructurations hospitalières, comme celle de l’hôpital Max-Fourestier de Nanterre”. Du fait de son travail intense à l’Assemblée, son rival Alexis Bachelay (PS) l’accuse de ne pas être assez présent dans la circonscription. Un reproche que le député sortant réfute en expliquant qu’au cours de son mandat il évité à la ville de Colombes une amende de 4 millions d’euros sur un dispositif fiscal.
Tout comme il combat la droite, Roland Muzeau raille la résignation de la gauche. Avec une campagne axée sur le programme du Front de Gauche, il plaide pour des réformes radicales, dont une augmentation du SMIC à 1700 euros, l’interdiction des licenciements boursier, et le retour à la retraite à 60 ans « pleine et entière ». A ceux qui lui reprochent d’être en dehors des réalités, il objecte : « le moins que puisse faire la gauche c’est d’augmenter le smic, cela a été fait en 1968 et en 1981. » Le parlementaire souhaite que l’accession de la gauche au pouvoir porte un « véritable changement afin de ne pas décevoir des électeurs qui pourraient ensuite se tourner vers le Front National.«
C’est pour obliger le gouvernement à mener de « vraies politiques de gauche » que Roland Muzeau soutient l’importance d’avoir un groupe puissant de députés du Front de gauche à l’Assemblée. Arguant que tout peut se retourner « dans le cas où la gauche ne fait pas son boulot« . S’il est réélu, sa priorité reste les dossiers sur les licenciements. Le député reprend les informations de l’Humanité en affirmant que 50 000 suppressions de postes se préparent. « Si les licenciements sont menés il n’y aura plus de confiance à gauche« prédit-il.
(1) Jean-Luc Mélenchon avait recueilli 28,4% à Gennevilliers, 13,2 à Colombes et 15,4 à Villeneuve-la-Garenne au premier tour





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