Traque aux logements insalubres : Gennevilliers donne l’exemple
En 2015, la mairie de Gennevilliers aura éradiqué tous les logements insalubres de sa commune. Focus sur une ville pilote qui voudrait inspirer les politiques nationales contre le mal logement.
Les dossiers s’empilent dans le bureau de Martine Monsel, adjointe au logement de la mairie de Gennevilliers. Elle y a suivi le protocole pour l’éradication de l’habitat indigne depuis ses débuts, en 2003. Aujourd’hui, c’est avec certitude qu’elle annonce « d’ici 2015, nous aurons éradiqué tous les logements insalubres de la ville recensés par nos services ».
Le système mis en place par la mairie de Gennevilliers est unique en France. La chasse aux marchands de sommeil a déjà conduit la ville à mener un procès rare en décembre dernier. Plus généralement, depuis bientôt dix ans, les services de la mairie traquent les logements loués par des propriétaires sans scrupules.
« La plupart nous ont été signalés par les locataires eux-mêmes, explique Martine Monsel. Grâce à eux, nous établissons des listes, puis nos inspecteurs de salubrité font les enquêtes sur place, avant de faire remonter les résultats à la préfecture. » Un processus précis qui a permis d’identifier 800 logements insalubres à Gennevilliers.
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La plupart des communes ne s’impliquent pas dans la lutte contre le mal logement parce que les efforts financiers sont trop importants. L’engagement de Gennevilliers en fait une ville à part dans les Hauts-de-Seine. « A Gennevilliers, il n’y a pas plus de logements insalubres qu’ailleurs, souligne Etienne Léger, chef de projet pour l’éradication de l’habitat indigne. Seulement, faire fermer ces logements coûte cher, alors il faut vraiment vouloir s’engager. »
Le relogement des locataires d’un logement insalubre est en effet à la charge de la mairie. Le propriétaire n’a aucune obligation. Également à la charge de la commune : le rachat de nombreux logements déclarés insalubres et abandonnés par leur propriétaire.
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Malgré ces contraintes financières, les élus de Gennevilliers sont convaincus depuis longtemps d’avoir fait le bon choix. Mais ils regrettent que leurs efforts ne soient pas accompagnés.
« La lutte contre l’habitat indigne est apparemment une priorité du gouvernement actuel, dénonce Martine Monsel. Mais il ne donne pas les moyens aux villes de construire du logement social. » Après avoir montré l’exemple, la ville de Gennevilliers souhaite donc que 2012 marque le lancement d’une réelle politique publique de l’habitat.
Céline Wagnez





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